Bien qu'ayant débuté en 1976 un parcours professionnel  plutôt atypique  pour une femme, j'avais toujours été passionnée et attirée par l'univers artistique et créatif. Autodidacte à la base mais curieuse avec une soif d'apprendre quasi permanente, j'avais au fil des ans suivi quelques enseignements de base dans la peinture sur bois. Pendant plusieurs années, j'avais animé bénévolement des ateliers créatifs pour enfants au sein de l'association culturelle de mon village. Quelle découverte et quel délice d'autant plus que mes propres filles m'accompagnaient. Chez un enfant, aucune limite, tout est permis, tout est possible. Le rêve se mêle à la réalité et un instant plus tard, il devient réalité.

 

Tout en suivant ma voie professionnelle, j'avais souhaité parfaire mes connaissances en peinture sur bois dite traditionnelle : "Folkart". Pendant plus d'un an, j'avais suivi avec assiduité des cours de peinture décorative. Je peignais uniquement pour ma famille, pour offrir, pour faire plaisir aux uns et aux autres.

 

En 2000, ayant mis fin à ma carrière professionnelle, j'avais participé par hasard au Festival des Passions de Bas-Mauco réunissant des amateurs passionnés et des collectionneurs dans des domaines différents. A ma grande surprise, le jury m'avait décerné le premier prix. Je réalisais alors que mes créations remportaient un certain succès auprès du public. Encouragée par mes proches, je décidais alors d'aller plus loin dans ma passion et d'en faire pourquoi pas  un nouveau métier. Dans un premier temps, me perfectionner était une évidence.

 

Après un an de divers stages et modules aux Beaux-arts et beaucoup de travail personnel, je créais mon propre style. La peinture décorative est un domaine si vaste qu'il me restait beaucoup à apprendre. Pendant toutes ces formations, je travaillais particulièrement la colorimétrie, ce qui allait développer en moi une perception accrue des couleurs.

 

En 2001 j'avaisi pris la décision de créer Alizarine Atelier et dans un premier temps comme beaucoup d'artistes, de travailler à domicile. De nombreuses expositions artisanales m’avaient fait connaître du public. Au fil des commandes j'avais été amenée à créer et à réaliser des motifs et patines très divers. Je m'étais déplacée chez mes clients pour réaliser des travaux décoratifs.

 

Dans la logique des choses, j'avais alors décidé d'installer mon atelier à Hagetmau dans une ancienne échoppe de cordonnier. Quatre ans plus tard, ce local devenu trop exigu et peu pratique d’accès, Alizarine Atelier déménageait dans un local plus clair, plus vaste mieux situé.

 

Mais au fait, pourquoi Alizarine ? Un prénom... un nom... un surnom... et bien non ! Connaissez-vous la garance ? Une teinture rouge sang choisi par l'infanterie française pour teinter les culottes des soldats de la Grande Guerre. Elle est la plus connue des teintures végétales et la plus solide. Elle est issue d’une plante vivace probablement originaire d'Asie et c'est dans l'aubier de sa racine que l'alizarine, substance colorante rouge, est la plus concentrée. Matière de grand teint, elle se fixe solidement sur les tissus et mélangée à un liant, elle séduit aussi tous les aquarellistes. En 1868, la production d'Alizarine de synthèse a provoqué le déclin presque total de la garance. Depuis une quinzaine d'année cette plante tinctoriale est réhabilitée au pied de la montagne du Lubéron.

 

Le rouge est la couleur de la joie, de la fête et du plaisir. Dans toute l'Europe, les jeunes filles se mariaient en robe rouge et c’est seulement à la fin du 18ème siècle que le blanc s'est imposé comme symbole de la pureté virginale.

 

Passionnée par la magie des pigments, l'histoire de la garance avait retenu toute mon attention et le nom "Alizarine" s'était tout naturellement imposé.

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